Adapté du roman de Denis Johnson, Train Dreams marque le retour du réalisateur Clint Bentley, déjà remarqué pour Sing Sing. Ce drame contemplatif, porté par Joel Edgerton et Felicity Jones, nous plonge au cœur de l’Amérique du début du XXe siècle, à une époque où s’entrelacent progrès industriel, solitude et quête d’identité.
Une fresque américaine entre beauté et désillusion
Le film raconte la vie de Robert Grainier (Joel Edgerton), un ouvrier du rail orphelin dès l’enfance, témoin des bouleversements d’une nation en construction. Aux côtés de son épouse Gladys (Felicity Jones), il tente de bâtir un foyer dans les vastes forêts du Nord-Ouest pacifique. La mise en scène de Clint Bentley, toute en douceur et en symboles, magnifie la nature, les gestes simples et la force du travail humain.
Mais malgré sa beauté visuelle et sa narration soignée, Train Dreams peine à captiver pleinement. Le rythme lent et la structure très littéraire du scénario, coécrit par Greg Kwedar, freinent l’émotion. On admire les paysages et la reconstitution historique, sans toutefois être emporté par l’histoire de Robert Grainier.
Un film pour les amateurs du genre contemplatif
Plus poème visuel que récit dramatique, Train Dreams séduira un public sensible au cinéma d’auteur et aux réflexions sur le temps qui passe. Joel Edgerton, tout en retenue, livre une performance sincère, soutenue par la présence lumineuse de Felicity Jones et la narration apaisante de Will Patton.
Pour autant, ceux qui attendent un scénario plus rythmé ou une tension dramatique marquée risquent de rester sur leur faim. Train Dreams s’adresse avant tout aux amateurs du genre contemplatif, curieux de découvrir un portrait d’homme et de nation en pleine mutation.
En résumé
Avec Train Dreams, Clint Bentley signe une œuvre élégante mais distante, fidèle à l’esprit du roman de Denis Johnson. Un film d’atmosphère, porté par une mise en scène travaillée et un duo d’acteurs solides, mais qui manque du souffle nécessaire pour marquer durablement le spectateur.
Un beau film sur le papier, mais trop lent pour véritablement émouvoir.
