Ce dimanche soir, Zone Interdite consacre son numéro à une réalité qui frappe la majorité du pays. Le magazine est diffusé en prime time sur M6 dès 21h10. Au sommaire : une enquête au long cours sur les déserts médicaux. Un état des lieux glaçant. Mais aussi un coup de projecteur sur ceux qui se battent pour ramener des soignants sur le terrain.
Une plongée dans le quotidien de ces soignants qui refusent d’abandonner les patients
Près de 90 % du territoire est aujourd’hui considéré comme un désert médical. Neuf millions de personnes vivent dans une zone sous-dotée. Trouver un médecin y relève du parcours du combattant. Beaucoup finissent par renoncer à se faire soigner. Pendant plusieurs mois, les équipes de Zone Interdite ont suivi soignants, élus et patients. Objectif : comprendre comment la France en est arrivée là. Et explorer les pistes qui émergent pour enrayer cette crise.
Direction d’abord Landéan, en Ille-et-Vilaine, où Christian Boidot, 76 ans, est le dernier médecin du village. Largement au-delà de l’âge de la retraite, il continue pourtant de suivre 3 000 patients, soit trois fois plus que la moyenne nationale. Pour tenir, il enchaîne des semaines de 80 heures, à l’image de ces médecins de campagne d’une autre époque, devenus presque introuvables en France.
Cap ensuite sur l’Indre, l’un des départements les moins dotés du pays. Jeanne y a été recrutée pour une mission bien particulière : convaincre de jeunes praticiens de venir s’y installer. Elle prépare une grande opération séduction lors du congrès annuel des internes en médecine, où une trentaine d’autres départements viendront eux aussi tenter leur chance. Une véritable foire au recrutement, où les territoires se livrent une concurrence féroce.
Dans la Creuse, à La Souterraine, Giuliana, 28 ans, vient de poser ses valises dans une toute nouvelle Maison de Santé. Mutualiser les coûts, mieux coordonner les soins, sortir de l’isolement : ces structures se multiplient pour rendre les zones rurales plus attractives. Maman d’un petit garçon, la jeune généraliste espère trouver un équilibre entre vie professionnelle et vie de famille. Mais entre les consultations et les gardes sur des kilomètres de routes, ses premiers mois s’annoncent rudes.
Cette pénurie a aussi des conséquences en chaîne sur l’hôpital. À Sisteron, dans les Alpes-de-Haute-Provence, l’urgentiste Sabrina, 61 ans, passe désormais la moitié de ses journées à traiter ce que l’on appelle de la « bobologie », faute de médecins de ville disponibles. Mais ce jour-là, une patiente arrive en pleine crise cardiaque. Sans cardiologue depuis plus d’un an, elle vient de faire un infarctus. Chaque seconde compte.
Dernier volet de l’enquête : les spécialités sinistrées. Si le gouvernement a relevé le numerus clausus en 2019, il faudra encore attendre près de dix ans pour en voir les effets. En attendant, certains domaines s’effondrent, à commencer par la dermatologie, où une partie des praticiens privilégie désormais les actes esthétiques, plus lucratifs. C’est le calvaire que vit Lauriane, en Normandie. Inquiète à cause d’un grain de beauté suspect, elle court après un rendez-vous depuis des années.
Magazine de sociétés présenté par Ophélie Meunier (2026).

Zone interdite
le dimanche 3 mai à 21h10 sur M6
