Cinq ans ferme, des valises de billets et un dictateur : le doc qui démonte Sarkozy débarque sur Society+

Personne n'y comprend rien

Treize mois après sa sortie en salles, Personne n’y comprend rien débarque enfin sur Society+. En effet, la plateforme le met en ligne dès ce jeudi 11 juin, à la demande, pour ses abonnés. Réalisé par Yannick Kergoat, le film est par ailleurs coproduit par Mediapart. Ainsi, il s’attaque au plus tentaculaire des scandales de la Ve République. En ligne de mire : le soupçon de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007. À l’image, d’abord, on retrouve les journalistes Fabrice Arfi et Karl Laske. Les archives font défiler Claude Guéant, Brice Hortefeux, Mouammar Kadhafi et un Nicolas Sarkozy filmé dans toutes les nuances de ses dénégations. Reste pourtant une question, posée avant même le générique. Comment un dossier jugé « incompréhensible » par l’ex-président a-t-il donc fini par lui valoir cinq ans de prison ferme ?

Tout part d’un courriel énigmatique. Deux reporters de Mediapart le reçoivent. Il appartient à l’intermédiaire Ziad Takieddine. De là, le film remonte le fil. Pièce après pièce. L’accueil en grande pompe réservé à Kadhafi à Paris. Les allers-retours de proches du pouvoir à Tripoli. Les fameuses mallettes d’espèces puis l’intervention militaire en Libye, qui scelle le sort du dictateur.
Le titre est emprunté à une formule de Sarkozy lui-même. Il devient vite le ressort ironique du récit. À mesure que Kergoat déroule sa mécanique, l’argument se retourne contre celui qui l’a prononcé. Sur le montage, c’est redoutablement efficace. La mise en scène reste volontairement sèche. Les archives télévisées font le gros du travail. La démonstration avance avec l’assurance d’un réquisitoire.

Le contexte donne au visionnage une saveur particulière. En première instance, Sarkozy a été condamné à cinq ans ferme pour association de malfaiteurs. Le tribunal a parlé d’une corruption d’une « exceptionnelle gravité ». Il a été brièvement incarcéré à la Santé en octobre 2025.
L’ancien chef de l’État attend désormais le délibéré de son procès en appel, prévu le 30 novembre. Le documentaire ne raconte donc pas une affaire close. Il raconte une affaire en suspens.

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