C’est une annonce qui risque de bouleverser le paysage audiovisuel français. Face à un modèle économique devenu instable, CMA Media a officialisé son intention de se séparer de son réseau régional. Une décision radicale qui s’accompagne d’une cure d’austérité et d’une réorientation stratégique vers le numérique.
Le projet, présenté récemment aux représentants du personnel, vise un objectif clair : réduire les coûts de 5 %, soit une économie d’environ 20 millions d’euros annuels. Pour y parvenir, le groupe dirigé par Claire Léost a décidé de sacrifier son ancrage local.
Pourquoi la vente des chaînes locales BFM est-elle inévitable ?
Le réseau de télévisions régionales estampillées BFM est aujourd’hui sur la sellette. Sont directement concernées neuf antennes : Lyon, Marseille Provence, Grand Lille, Grand Littoral, Dici (Alpes du Sud et Haute-Provence), Toulon Var, Nice Côte d’Azur, Alsace et Normandie (la chaîne francilienne ayant déjà fermé ses portes en 2025).
Comment en est-on arrivé là ? Le diagnostic de la direction est sans appel. L’information de proximité souffre d’une double peine :
- L’effondrement des recettes publicitaires locales, massivement siphonnées par les géants du web.
- La baisse drastique des subventions allouées par les collectivités territoriales.
Face à cette équation économique intenable, CMA Media cherche activement des repreneurs. L’objectif est de trouver, dans les mois à venir, des groupes audiovisuels ou des acteurs régionaux capables de pérenniser ces antennes.
Un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM
La cession de ces fréquences s’inscrit dans un vaste « plan de transformation ». En interne, la réorganisation va laisser des traces. La direction a confirmé l’ouverture prochaine d’un plan de départs volontaires au sein de RMC BFM, qui regroupe la majorité des journalistes et techniciens.
Les négociations avec les syndicats débuteront à la fin de l’été. Si le volume exact des suppressions de postes dépendra en grande partie du succès de la vente des chaînes locales BFM, le groupe assure privilégier les mobilités internes et les départs non contraints. L’heure est à la « simplification des processus », un jargon d’entreprise qui cache une rationalisation sévère des coûts de production.
Quel avenir pour CMA Media ? Cap sur le streaming et les créateurs !
Si CMA Media coupe dans ses dépenses traditionnelles, ce n’est pas pour se retirer du jeu médiatique, bien au contraire. La stratégie assumée par Rodolphe Saadé est de pivoter vers les nouveaux usages.
Les économies générées par cette restructuration permettront de financer de nouveaux relais de croissance :
- Le lancement de RMC+ : Prévue pour septembre, cette nouvelle plateforme de streaming gratuite promet un catalogue enrichi et un algorithme de recommandation dernier cri.
- L’offensive sur la « Creator Economy » : Le groupe vient de créer une agence de talents destinée à nouer des partenariats événementiels et financiers avec des YouTubeurs et des créateurs de contenus.
- La création de CMA Studio : Une nouvelle entité de production dédiée aux documentaires, avec une forte ambition sur le marché international.
Malgré cette zone de turbulences, CMA Media maintient le cap sur ses marques fortes (BFMTV, RMC, La Tribune), prouvant que la bataille de l’attention se jouera désormais autant sur le petit écran que sur les plateformes digitales.
