Enchaînés, la nouvelle mini-série événement, débarque dès aujourd’hui sur france.tv. Alain Moreau signe le scénario et Laure de Butler assure la réalisation. Ensuite, France 2 diffusera la série le 6 mai à 21h10. Puis, le 10 mai, ce sera au tour de Guadeloupe 1ère à 20h05 et de Réunion 1ère dès 20h.
L’équipe a tourné cette fiction en 6 épisodes à La Réunion, du 18 mars au 6 juin 2025. De plus, la diffusion marque un anniversaire majeur : les 25 ans de la loi Taubira. En effet, le 21 mai 2001, cette loi reconnaissait la traite et l’esclavage comme crime contre l’humanité. Dès lors, une question s’impose : la fiction française ose-t-elle enfin regarder son passé colonial droit dans les yeux ?
Un duo père-fils au cœur d’un face-à-face œdipien et civilisationnel
Au centre du récit, Isaac affronte Charles Bellevue. Toutefois, leur face-à-face dépasse le simple rapport entre un esclave et son maître. En effet, l’auteur Alain Moreau l’explique dans sa note d’intention : les populations métisses descendent à la fois d’esclaves et d’esclavagistes. Ainsi, elles héritent d’un « viol originel » et d’une blessure profonde, celle d’un père absent ou monstrueux.
Pourtant, le système esclavagiste se voulait paternaliste. D’ailleurs, le maître devait incarner « un père » pour ses esclaves. Enchaînés explore donc frontalement ce paradoxe troublant. Le duo Isaac / Charles Bellevue incarne littéralement ce paternalisme blanc à l’égard des Noirs.
De plus, leur relation oscille entre amour et haine. Tantôt incestueuse, tantôt solidaire, elle reste toujours complexe. Comme le résume Alain Moreau, ce lien ressemble à un cordon ombilical qui nourrit… ou à une chaîne qui étouffe. Finalement, la série pose une grande question : ces liens qui nous unissent, nous libèrent-ils ou nous oppressent-ils ?
Notre avis : une plongée éprouvante mais nécessaire dans l’horreur de l’Île Bourbon
À l’occasion des 25 ans de la loi Taubira, France Télévisions livre une série sans concession. Direction l’Île Bourbon, aujourd’hui La Réunion, en 1806. On y suit le jeune Isaac, fils caché de Charles Bellevue et de Célestine, une esclave que le maître a violée.
Un cyclone vient de ravager l’habitation Bellevue. Par conséquent, les champs de café gisent en ruine et la famine s’installe partout. Le commandeur, lui, n’a pas survécu à la tempête. Dès lors, Isaac, incarné par un Enzo Rose déjà aperçu dans diverses fictions, doit reprendre ce rôle de commandeur. Il devra mettre sa fierté de côté pour plaire à son père… et bourreau.
Côté maîtres, la situation se dégrade tout autant. En effet, les Bellevue se retrouvent ruinés et doivent céder leur domaine. De plus, ils marient leur fille contre son gré. Pendant ce temps, la mère sombre dans la maladie.
Une mini-série très dure à regarder. Entre les sévices infligés aux esclaves et les tâches ingrates, le récit frappe fort. Surtout, il rappelle à quel point l’humain a profité d’une main-d’œuvre à très bas coût, sans jamais (ou trop peu…) voir l’humain derrière.
Série drame historique de Laura de Butler (2026).
Avec : Olivier Gourmet (Charles Belevue), Enzo Rose (Isaac), Elsa Lepoivre (Constance Belevue), Baptiste Carrion-Weiss (Henri Belevue), Lula Cotton Frapier (Amélia Dennemont), Alséni Bathily (Tristan), Eric Caravaca (Georges-Marie Dennemont), Lolita Tergemina (Célestine), Francis Convert (Mr Roland), Jean Luc Trules (Ovide), Théa Burdin (Eglantine Belevue)…

Enchaînés
disponible sur france.tv puis diffusé le 6 mai dès 21h10 sur France 2
