Ce lundi, RMC Découverte ressort l’un des dossiers les plus glaçants de Faites entrer l’accusé. D’abord, la chaîne replonge dans un crime qui a sidéré la France au début des années 1980. Ensuite, elle montre comment ce drame a fait tomber une organisation entière. Au micro, Gérard Girel prend la parole. Cet ancien directeur de la police judiciaire raconte les toutes premières heures de l’enquête. Très vite, les gendarmes comprennent l’ampleur du carnage. En effet, ils ne cherchent plus une victime, mais six.
Un règlement de comptes interne qui vire au carnage
Tout commence dans la nuit du 18 au 19 juillet 1981, dans les Bouches-du-Rhône. Cette nuit-là, un commando vise Jacques Massié, chef de la section marseillaise du Service d’Action Civique. Ce mouvement gaulliste sert alors de service d’ordre au parti. Or, ses anciens compagnons le soupçonnent de trahison. Selon eux, il s’apprête à livrer à la gauche les dossiers sensibles du SAC. Mais ce soir-là, la cible manque à l’appel. Les tueurs trouvent à sa place sa femme, son fils de sept ans, ses beaux-parents et son futur beau-frère. Or ces témoins les ont reconnus. Alors le chef ordonne de tous les supprimer. Pour ne faire aucun bruit, les hommes étranglent et frappent à l’arme blanche, l’un après l’autre. Puis ils patientent. Massié rentre au cœur de la nuit et tombe dans le guet-apens : on le maîtrise et on l’achève à son tour. Ensuite, les tueurs nettoient la bastide et maquillent la scène pour effacer leurs traces. Très vite, l’affaire devient un séisme d’État. Finalement, le gouvernement dissout le SAC en août 1982. Dans l’épisode, Gérard Girel revient sur ces premières heures d’enquête, quand les gendarmes ne trouvent qu’une maison vide, des traces de sang et, bientôt, six disparus.
Ce qu’est devenu le tueur
L’instigateur du massacre, Jean-Joseph Maria, adjoint de Massié au sein du SAC, fut désigné comme le cerveau de l’opération : c’est lui qui avait convaincu les autres d’écarter un chef devenu encombrant. Jugé aux assises avec ses complices au milieu des années 1980, il fut condamné à la réclusion criminelle à perpétuité, tout comme Lionel Collard et Ange Poletti. Jean-Bruno Finochietti, l’instituteur du groupe et le premier à passer aux aveux, écopa de vingt ans, comme Didier Campana, tandis que Jean-François Massoni était condamné à quinze ans. Aucun n’est aujourd’hui derrière les barreaux : tous ont fini par recouvrer la liberté. Quant à Pierre Debizet, patron national du SAC un temps inculpé, il bénéficia d’un non-lieu et mourut en 1996.
Série documentaire (2000).

Faites entrer l’accusé : La tuerie d’Auriol
ce dimanche 21 juin à 21h10 sur RMC Découverte
