Racheal Cain signe avec Somnium un thriller psychologique teinté d’étrangeté, sur fond de rêves manipulés et d’ambitions brisées à Hollywood. Le film suit Gemma, une jeune femme venue à Los Angeles dans l’espoir de percer comme actrice, qui accepte un emploi de nuit dans une mystérieuse clinique du sommeil. L’endroit promet d’aider les patients à contrôler leurs rêves, mais derrière cette façade technologique et clinique se cachent bien des zones d’ombre.
Le concept, intrigant sur le papier, évoque les dispositifs immersifs et voyeuristes de films comme Paranormal Activity ou The Cell. Pourtant, Somnium peine à trouver sa cadence. Malgré quelques belles idées visuelles et une photographie léchée, le récit s’enlise dans un rythme lent qui empêche toute véritable montée en tension. Le scénario installe une atmosphère davantage dramatique que horrifique, privilégiant les états d’âme de son héroïne au détriment de la peur ou du suspense.
Ce décalage entre la promesse d’un cauchemar éveillé et le ton feutré d’un drame psychologique laisse le spectateur à distance. Ce n’est qu’à l’approche du dernier acte que la tension se précise enfin, mais le chemin pour y parvenir manque de relief. Somnium aurait gagné à oser davantage, à faire palpiter l’angoisse dès ses premières scènes, plutôt que d’attendre la fin pour justifier son vertige.

