Zone interdite : La police a-t-elle encore les moyens de nous protéger ? sur M6

Zone interdite

© Benjamin DECOIN/M6

Ce nouveau numéro de Zone interdite s’intéresse à une question centrale qui traverse aujourd’hui le débat public : la Police nationale dispose-t-elle encore des moyens nécessaires pour assurer sa mission de protection ? Pendant plusieurs mois, les équipes de l’émission ont suivi des policiers de terrain et des élèves en école de police afin de tenter de comprendre les ressorts d’un malaise profond qui touche la profession, dans un contexte de montée de l’insécurité et de crise des vocations.

Le reportage met en lumière une réalité préoccupante : l’augmentation constante du nombre d’affaires à traiter, combinée à un sous-effectif chronique dans de nombreux commissariats. Plus de deux millions de plaintes seraient actuellement en attente. Sur le terrain, les policiers doivent composer avec des priorités imposées par le manque de moyens, parfois au détriment du suivi des victimes. À Montbéliard, dans le Doubs, Albin, jeune gardien de la paix engagé après les attentats de 2015, découvre une réalité bien éloignée de l’élan initial qui l’avait poussé à rejoindre la police. Avec son collègue Sylvain, il doit régulièrement arbitrer entre les interventions, dans une ville moyenne confrontée à une hausse de la délinquance et à une hostilité croissante envers les forces de l’ordre.

Zone interdite s’attarde également sur l’impact psychologique de cette pression permanente. Surcharge de travail, épuisement, burn-out : de nombreux policiers se disent à bout. L’émission suit notamment Yohan Dechaine, officier de police judiciaire et membre de l’association « SOS policiers en détresse », qui sillonne les commissariats pour prévenir les suicides et former les agents à repérer les signaux de détresse chez leurs collègues. Le témoignage rare de Christophe, ancien brigadier-chef suspendu après une affaire ayant conduit à une condamnation, illustre de manière poignante la fragilité de certains policiers confrontés à des conditions de travail extrêmes.

Face à la pénurie de candidats, les écoles de police poursuivent leurs efforts de recrutement. À Montbéliard, Lucas, 24 ans, et Pascal, 37 ans, viennent d’intégrer la formation avec l’ambition de devenir policiers de terrain. Pendant douze mois, ils apprennent les techniques d’interpellation, le maniement des armes et les bases du droit pénal, conscients qu’une fois sur le terrain, chaque décision peut se jouer en une fraction de seconde. Mais selon un cadre interrogé, les critères d’admission auraient été revus à la baisse pour accueillir davantage de recrues. Une question demeure alors : ces nouveaux policiers seront-ils suffisamment préparés lorsqu’ils exerceront sur le terrain ?

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