Lancée en 2019, la start-up française Spliiit s’est imposée comme le leader du partage de frais d’abonnements. Pourtant, rien ne prédestinait son fondateur, Jonathan Lalinec, à créer cette plateforme avant une anecdote du quotidien qui a tout déclenché.
L’anecdote fondatrice : Une histoire de « petits euros » et d’équité
Tout commence en 2019 par une frustration banale. La compagne de Jonathan Lalinec termine un appel avec une amie, passablement agacée. Cette dernière venait de lui demander de participer financièrement à son abonnement Apple Music.
Le problème ? Cela faisait trois ans que la compagne de Jonathan partageait gratuitement ses accès Netflix avec cette même amie, sans jamais rien lui demander en retour.
« C’est des histoires de petits euros, mais c’est vrai que c’est pas honnête, en tout cas, c’est pas équilibré. »
Jonathan Lalinec.
De ce constat d’un manque d’outils pour gérer ces micro-paiements récurrents entre proches — les solutions comme PayPal ou Lydia ne proposant rien de simple à l’époque pour cet usage précis — est née l’idée de Spliiit.
De la cagnotte en ligne au « covoiturage de l’abonnement »
Au départ, le projet prend la forme d’une simple cagnotte récurrente. Le principe était basique : un lien partagé par WhatsApp ou SMS permettait de récupérer, par exemple, 10 euros par mois auprès de trois personnes par carte bancaire.
Cependant, une demande massive des utilisateurs a rapidement fait pivoter le modèle. Environ 95 % des demandes au service client concernaient la mise en relation avec des inconnus pour partager des abonnements de niche (comme Crunchyroll) que l’entourage immédiat ne possédait pas.
En octobre 2019, Jonathan Lalinec prend le risque de lancer la version actuelle : une plateforme de mise en relation entre particuliers gérant la sécurisation des transactions financières.
Un modèle « Win-Win » face aux géants du streaming
Malgré des débuts marqués par des défis juridiques, notamment face à Disney et Netflix, Spliiit défend un modèle bénéfique pour tout l’écosystème :
Pour l’utilisateur : Une réduction drastique du coût des abonnements (SVoD, musique, presse, logiciels).
Pour les éditeurs : Une baisse significative du taux de résiliation (churn). Un abonnement partagé est sept fois moins susceptible d’être arrêté.
Contre le piratage : La plateforme attire d’anciens adeptes du streaming illégal ou de l’IPTV vers des offres légales et rémunératrices pour les créateurs.
Les chiffres clés de Spliiit (2026)
Indicateur
Donnée
Nombre total d’utilisateurs
1 900 000
Nombre d’utilisateurs en France
Plus de 1 000 000
Nombre de services référencés
650 plateformes
Nombre de catégories
11 (Presse, Musique, SVoD, Sport, etc.)
Le futur de Spliiit : IA et aspect communautaire
La plateforme continue d’évoluer avec des innovations majeures prévues pour 2026 :
L’intelligence Artificielle au service de l’usage : Un nouvel outil permettra de rechercher un contenu précis (film, série) pour être redirigé vers l’abonnement adéquat, facilitant la navigation pour les utilisateurs moins technophiles.
Renforcement des « Familles » : Face à la demande des utilisateurs, Spliiit développe des fonctions communautaires permettant de suivre un « propriétaire » de confiance pour partager plusieurs abonnements avec la même personne.
Lutte contre les fausses croyances : Jonathan Lalinec rappelle que Netflix n’a pas interdit le partage, mais a créé une option « extra-abonné » à 5,99 €, ce qui rentre parfaitement dans le cadre légal de Spliiit.
Le saviez-vous ? Si la SVoD est la porte d’entrée historique, la presse numérique est extrêmement dynamique sur Spliiit. Quasiment toute la presse française (Le Monde, Le Figaro, Libération, etc.) propose désormais des offres de partage sur mesure via la plateforme.
Dans un récent communiqué adressé à ses abonnés, le groupe dirigé par Maxime Saada a officialisé la fin de la distribution de trois chaînes historiques du groupe TF1.