Extra-lucide sur OCS : la série télépathe qui voit clair dans nos contradictions

EXTRA-LUCIDE

Télépathe malgré elle, Denise entend les pensées les plus secrètes de chacun. Un don devenu un véritable poids, qui l’a poussée à se couper du monde depuis un an. Elle s’est réfugiée chez Joy, son amie et ancienne gloire du porno, pour tenter de retrouver un peu de paix. Ensemble, elles affrontent leurs failles et leurs doutes, tout en laissant planer une interrogation centrale : peut-on être lucide et heureux en même temps ?

Denise est une héroïne atypique : capable de “fermer les oreilles” à son pouvoir, mais trop tentée pour vraiment le faire. Sa télépathie, qui crée autant de scènes cocasses que de moments de vérité brute, est le moteur de la série. Elle nous entraîne dans ses souvenirs, ses premières émotions, ses déceptions fondatrices, tout en révélant sa relation tumultueuse au monde. Son refuge forcé chez Joy accentue ce huis-clos où pensées silencieuses et non-dits deviennent un terrain narratif riche et souvent déstabilisant.

Joy, ancienne star déchue du X, accueille Denise dans un appartement qui devient rapidement une micro-société pleine de tensions, d’histoires intimes et de secrets involontairement dévoilés. Les deux femmes, que tout oppose au premier regard, partagent pourtant la même fragilité. Leur cohabitation ouvre la porte à une galerie de personnages, chacun porteur de blessures, de beautés cachées et de contradictions profondes. Le réalisateur Bruno Merle résume l’ambition artistique en une phrase : « Nous voulions bien sûr nous emparer du potentiel comique du concept, en jouant de l’écart entre ce que les gens disent et ce que les gens pensent – mais nous voulions aussi, comme Denise, sonder l’âme humaine. » Cette ligne directrice donne à la série sa tonalité sensible, parfois cruelle, souvent drôle, toujours humaine.

En se saisissant de la télépathie comme prétexte narratif, Extra-lucide parvient à mêler humour, drame, introspection et expérimentation visuelle. Chaque épisode explore une thématique différente tout en gardant une dimension sensorielle revendiquée par son créateur. Le casting, mené par Camille Rutherford et Sabrina Ouazani, apporte une grande justesse à un récit qui se veut autant ludique que profond. La série s’inscrit pleinement dans la lignée des créations CINE+OCS Signature : atypique, exigeante, inventive.

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