Un film rare, lumineux, profondément humain, qui transforme l’intime en cosmique.

Titre original :
The Life of Chuck
Réalisation :
Mike Flanagan
Scénario :
Mike Flanagan
D’après : Stephen King (If It Bleeds)
Genre : Drame / Fantastique / Existentialiste
Pays : États-Unis
Durée : 110 min
Distribution : NEON
Avec :
Tom Hiddleston
Chiwetel Ejiofor
Karen Gillan
Jacob Tremblay
Mark Hamill
Synopsis
The Life of Chuck raconte une seule vie, mais en trois chapitres inversés. Le film débute par la fin du monde : réseaux coupés, systèmes à l’arrêt, humanité désorientée. Un nom apparaît partout, comme une énigme : Chuck Krantz. Puis le récit se resserre, devient intime, presque silencieux, jusqu’à remonter à l’enfance de Chuck, à ses blessures fondatrices, à ce qui l’a construit — et à ce qu’il a transmis sans le savoir.
Une narration à rebours maîtrisée
Mike Flanagan choisit une structure inversée d’une précision remarquable. Ici, le procédé narratif n’est jamais un gimmick. Chaque chapitre éclaire le précédent. Chaque scène recontextualise la suivante. Le film ne cherche pas à expliquer. Il révèle. La mémoire humaine n’est jamais chronologique :
elle fonctionne par fragments, résonances, retours soudains. The Life of Chuck adopte exactement ce mouvement.
Trois chapitres, trois états de l’existence
Chapitre III – La fin. Le monde s’effondre. Pas dans le fracas, mais dans le silence. L’électricité disparaît. L’information se tait. Les repères s’évanouissent. Ce n’est pas tant la fin de l’humanité qui est racontée ici,
mais la perte de sens collective.
Chapitre II – La vie. Chuck adulte. Comptable. Ordinaire. Une existence rangée, presque invisible, jusqu’à ce qu’un détail surgisse : un rythme, une musique intérieure, héritée de sa mère. Ce chapitre explore :
la transmission inconsciente, les promesses silencieuses faites à l’enfance, les choix faits par défaut.
Chapitre I – L’origine. L’enfance. Les parents disparus. Les grands-parents. La peur. L’imaginaire.
Tout ce que Chuck est devenu est déjà là, en germe. Ce chapitre n’explique pas : il humanise.
Thème central – La fin du monde ou la fin d’un monde ?
Le film pose une question vertigineuse : Et si la fin du monde n’était pas la fin du monde…
mais la fin du monde d’un seul homme ? Les références cosmiques, les calendriers, les systèmes solaires,
ne servent qu’à rappeler une vérité essentielle : Chaque vie est un univers. Quand une vie s’éteint, un monde disparaît.
Mise en scène & photographie
La mise en scène de Mike Flanagan est d’une sobriété bouleversante. Photographie lumineuse. Couleurs apaisées. Caméra discrète, presque bienveillante. Le contraste est volontaire : une histoire grave racontée avec douceur. Ce choix renforce l’émotion sans jamais la forcer.
Interprétation
Tom Hiddleston livre l’une de ses performances les plus sensibles. Jamais démonstratif, toujours juste. Les rôles secondaires forment une constellation humaine : enseignants, parents, passants, figures de passage
— tous participent à la construction du monde de Chuck. Mention spéciale aux scènes de danse, de classe, de rue : des instants de vie pure, suspendus.
Ce que raconte réellement The Life of Chuck
Le film ne parle pas de mort. Il parle de ce qui reste. Les gestes transmis. Les mots entendus une fois. Les souvenirs que l’on porte sans le savoir. Nous sommes minuscules à l’échelle de l’univers, mais immenses à l’échelle d’une vie.
Pourquoi Screen+ recommande ce film ?
- Pour son audace narrative
- Pour sa fidélité intelligente à Stephen King
- Pour son humanisme profond
- Pour sa capacité à toucher sans manipuler
The Life of Chuck est un film rare. Un film qui ne cherche ni le choc ni l’effet, mais la résonance intérieure.
Il rappelle une chose essentielle :
- aucune vie n’est petite
- aucune existence n’est insignifiante
Un film à voir, à ressentir, et à garder longtemps en soi.
